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Courrier des lecteurs de Reynolds Michel :

"Noël, une petite lumière vacillante dans la nuit"


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Comment entendre le message de Noël dans un monde gangréné par la violence sous ses diverses formes ? Pourquoi tant de violences entre les hommes ?
Comment entendre le message de Noël dans un monde gangréné par la violence sous ses diverses formes ? Pourquoi tant de violences entre les hommes ?

Le lundi 19 décembre dans la soirée, un camion fonce dans la foule d’un marché de Noël en Allemagne, faisant 12 morts et une cinquantaine de blessés. Le dimanche 18 décembre à Karak en Jordanie, une attaque contre un site touristique fait dix morts et une trentaine de blessés. Le 11 décembre, un attentat suicide fait 20 morts et 48 blessés à Mogadiscio, en Somalie. Que dire du conflit en Syrie qui a fait plus de 310 000 morts depuis 6 ans et 460 000 exilés selon le Haut Commissariat aux Réfugiés ? Que dire de l’accueil de réfugiés, devenus des objets, qu’on cherche à se renvoyer ? Que dire des laissés pour compte de nos sociétés ?

Pourquoi tant de violence ? Pourquoi tant de haine ? Comment entendre le message d’espérance de Noël dans le fracas d’un monde en dérive où la guerre est devenue une banalité ? Où est la joie, où est la paix ? "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitent le pays de l’ombre, une lumière a resplendi  " (Isaïe 9,1). C’est toujours avec une certaine émotion pleine d’espérance que j’écoutais dans la liturgie de la nuit de Noël cette prophétie d’Isaïe. Cette année, je ne suis pas certain d’entendre ce message dans le même esprit.

Je ne suis pas sûr que les peuples qui marchent dans les ténèbres d’un monde assombri par la terreur, la tyrannie, l’idolâtrie de l’argent… puissent entendre aujourd’hui un message quelconque d’espérance. L’espérance n’est-elle pas morte lorsque nous commençons à douter qu’il soit un jour possible d’extirper cette violence qui fait système et qui met à mal toute résistance ?

Mais que nous dit le prophète Isaïe ? "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière", nous dit Isaïe. S’il marche, c’est parce qu’il n’est pas satisfait de l’endroit où il est, de ce qu’il vit ou de ce qu’on lui fait vivre. S’il marche, c’est parce qu’il a faim de dignité, de justice, de fraternité et de paix dans un monde de violence. S’il marche, c’est parce qu’il espère contre toute espérance. Qui soulèvera le lourd manteau de la nuit ?

Que nous disent les récits de la Nativité (Luc et Marc) ? Disent-ils que les choses vont s’arranger ? Ils ne nous disent pas que la violence va s’arrêter, ni que nous serons épargnés. Ils parlent d’une naissance qui est toujours un miracle. Ils parlent de la force de vie qui naît dans la précarité d’une étable. Ils parlent des pauvres – les bergers – et des étrangers – les mages – qui s’agenouillent devant un nourrisson en qui ils reconnaissent une promesse plus grande que leur histoire. Ils parlent de l’exil d’une famille obligée de fuir pour échapper à un tyran.

Bref, ils disent que du chaos de notre monde une espérance est née. Une petite et fragile espérance, comme le souffle du nouveau-né dans la crèche. Une petite lumière vacillante dans la nuit qui ouvre l’histoire à tous les possibles, si…

Joyeux Noël à toutes et à tous

Reynolds Michel

   

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